FR

Le travail sur rouleau d’Eva Evrard confronte celui qui l’appréhende à une tautologie formelle : une bande de papier linéaire s’enroulant sur elle-même pour former un cercle ; une suite de mots en caractères imprimés tracés si finement qu’ils apparaissent comme un long trait noir. Une superposition de formes donc, qui se replient les unes sur les autres. On pourrait évoquer toutes sortes d’images, par exemple celle d’une compression plastique de la parole ou encore une mise en mémoire cryptée. Mais c’est le jeu entre les formes elles- mêmes (ligne, cercle, signes du langage), la manière dont les uns se font les miroirs et la limite des autres, qui frappent : les correspondances sont sans issues. A moins, peut-être, de déployer l’œuvre dans l’espace, ce par quoi l’artiste souligne, implicitement, la puissance de l’action.

EN

Eva Evrard’s work on scrolls confronts those who view it with a formal tautology : a linear strip of paper rolling itself into a circle ; a series of words written in fonts so small they appear as a long, black line. A layering of forms then, folding back unto themselves. We could call to mind several images, for example, a formal compression of language or a sort of encrypted memory. But it is the interplay between forms themselves (line, circle, signs), the way in which they mirror and circumscribe one another, that is most striking: symmetries cannot be escaped. Unless, perhaps, one unfolds the work across the space, a device by which the artist implicitly underlines the power of action.